Chroniques

METALLICA – « Hardwired … to self destruct » By Nikkö.

metallica

Huit ans! Il aura fallu attendre huit ans pour avoir droit à un successeur à “Death Magnetic”. Depuis, Metallica a bien pris le temps de se faire désirer. Avec cet opus sorti en 2008, ils affichaient une envie de revenir aux sources et reconquérir leur public après des années d’errance. Et la belle impression laissée s’est effondrée trois ans plus tard avec « Lulu ». Pourtant, cette collaboration entre un mastodonte du métal et un grand du rock sonnait comme une réunion au sommet. Seulement, si l’aventure a le mérite d’être audacieuse, comme le parti pris de faire un concept album double, le résultat s’est montré catastrophique. Pire que l’ultra-décrié « St Anger », c’était tout simplement inécoutable, Lars Ulrich était à la masse total, Kirk Hammett se faisait clairement chier, le décalage entre le spoken word nonchalant d’un Lou Reed en fin de vie et la musique du combo californien qui avait perdu toute sa rage était d’abord risible puis au bout de 5 minutes, ce n’était pas tenable. On pensait Metallica à nouveau perdu, et le groupe l’a assez vite compris en voyant les retours extrêmement négatifs, et s’est ressaisi avec un live de trois jours au Fillmore pour leur anniversaire puis l’EP « Beyond Magnetic » regroupant quatre très bons titres qui aurait pu faire partie de Death Magnetic mais avec une meilleure production. Puis, plus rien, à part des tournées et pas mal de sorties d’albums live. Et de temps en temps, une rumeur de temps en temps de nouvel album, des interviews d’eux disant qu’ils étaient en studio, mais cela devenait une arlésienne au point qu’on y croyait autant qu’en une victoire aux présidentielles d’Alice Cooper. Puis un jour, une pochette (assez particulière), un nom d’album, une tracklist et un premier titre font renaître l’espoir et suscite l’attente chez les fans (je m’inclus dans le lot, étant fan depuis l’enfance).

L’attente fut longue entre ce teasing et la date de sortie de l’album. Pour ma part, afin de profiter à fond de l’album, je n’ai écouté qu’une chanson et ai attendu la sortie du disque afin de l’écouter religieusement et savourer. Pour un gros fan, le jour où on a la chance de posséder cet album, c’est comme si la fille qui te fait fantasmer depuis des années, et ce même après t’avoir déçu quelques fois, se donne enfin à toi : la délivrance. D’ailleurs, quand il s’agit d’enlever le blister, c’est comme quand on la déshabille, on s’imagine qu’on va faire durer le truc et en trois secondes seulement, on a tout enlevé.

Dès la première piste, « Hardwired », on constate avec plaisir que Metallica n’est pas revenu assagi et même au contraire. Un constat implacable sur le monde, rythmé, efficace, rapide et assez court, mais finalement pas frustrant. La deuxième, « Atlas Rise » (troisième chanson dévoilée) rappelle le Black Album et on retrouve les gros riffs de Kirk Hammett avec plaisir. « Now We Are Dead » est probablement le morceau le plus faiblard de l’album, rehaussé par les solos de Hammett. « Moth Into The Flame », qui fut la deuxième piste dévoilée, est hyper efficace avec un refrain emmené par un riff superbe. On ne s’en lasse pas même après l’avoir écouté en boucle. Avec « Dream No More », on a un son assez lourd, dense, massif à la « Sad But True », assez classique mais efficace. Vient ensuite la dernière plage du premier disque, « Halo Of Fire ». Et là, si on a eu de très bon titres, on se retrouve carrément avec un des meilleurs titres de l’album. Hetfield montre là une étendue intéressante de son registre vocal, on a un morceau fleuve avec de très beaux breaks, des solos énormes, des changements de ton et tout ce qu’on retrouve dans les grandes chansons du groupe. Le choix du double disque, alors qu’il y avait une possibilité de tout rentrer dans un seul, est judicieux car il permet de respirer avec un premier acte pour le moins intense. La deuxième galette commence avec le tonitruant « Confusion », avec une rythmique martiale et un son bien lourd. On retrouve le Metallica engagé contre la guerre, celui des « Disposable Heroes » et « One » avec un morceau traitant du syndrome post-traumatique des anciens soldats et pouvant mener à la folie. La chanson suivante « ManUNkind », introduite par un moment de grâce du bassiste Robert Trujillo digne de « My Friend of Misery », garde cette même verve en livrant un constat amer sur le genre humain. « Here Comes Revenge » pose une atmosphère lourde et rageuse qui permet de retrouver la voix qu’on lui connaissait. « Am I Savage ? » garde cette même lourdeur avec une bonne distorsion. Pas de ballade sur cet album ni d’instrumental mais un vrai moment d’émotion avec le superbe « Murder One » qui rend hommage à Lemmy Kilmister. Metallica n’a jamais caché être fan de Motörhead et a souvent répété que sans ce groupe phare, Metallica n’aurait jamais existé. Lars Ulrich a fondé le premier fan club de Motörhead aux USA alors que le groupe n’était pas encore connu là-bas. Et le respect mutuel a toujours été, en atteste les reprises que Motörhead a fait (No Remorse, Enter Sandman) et inversement (Overkill…). Un morceau hommage après que le dieu Lemmy nous ait laissé orphelins il y a quelques mois était donc tout naturel. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ont mis la manière avec une intro qui donne la larme à l’œil et des paroles multipliant les références. Après le feu d’artifice que constitue les 11 premières pistes, le morceau « Spit Off The Bone » fait office de bouquet final. De la puissance, de la vitesse, de la hargne, une efficacité maximale, ils ont gardé le meilleur pour la fin.

Et comme pendant huit ans, on a été sage, le père Noël nous gâte avec la troisième galette de l’édition deluxe. Ça commence très bon « Lords of Summer » enfin en version studio. Les trois morceaux suivants sont des reprises faites pour des tribute albums. « Ronnie Rising Medley », extrait de la compilation hommage à Ronnie James Dio, « When A Blind Man Cries » issu de l’album collectif hommage à l’album « Machine Head » de Deep Purple, et « Remember Tomorrow », meilleur morceau de la compilation assez inégale hommage à Iron Maiden et faite par le magazine Kerrang. Ensuite, de la 5 à la 13, le live qu’ils ont fait pour le Record Store Day et enfin, une version live de « Hardwired » comme pour boucler la boucle.

Juger « Hardwired…to Self Destruct » à l’aune des premiers albums de Metallica donnera un jugement faussé. Avec les 5 premiers albums, Metallica a mis la barre à un niveau extrêmement élevé et ils ne l’égaleront jamais. En revanche, si « Death Magnetic » montrait une virtuosité à laquelle ils ne nous avaient plus habitués, l’album pêchait par sa production (pourtant, Rick Rubin est un producteur de haute volée, qui a fait de grands albums). Alors que là, on est moins dans les envolées, mais plus dans l’urgence et on retrouve cette rapidité d’exécution, cette vitesse et cette hargne, avec en plus un meilleur son. La présence de Greg Fidelman comme producteur, à qui l’on doit l’horrible « Lulu » et le décrié « World Painted Blood » de Slayer, suscitait mille craintes. Mais on retrouve cette qualité qu’il y a dans l’excellent « .5 : The Gray Chapter » de Slipknot.

Cet album est fait avant tout pour les fans hardcore, ceux qui les suivent depuis la première heure et sont restés fidèles, et couvre l’ensemble de l’œuvre, en mêlant les éléments des premiers aux quelques bons ingrédients de l’époque « Load/Reload ». James Hetfield a retrouvé sa voix au niveau d’avant. Lars Ulrich, qui était devenu à la ramasse, redevient ce leader de l’attaque du groupe, celui qui guide les morceaux. Même si Kirk Hammett n’a pas composé les morceaux, ça n’a affecté en rien la qualité de l’album. L’album ne fera pas l’unanimité (je parle pas des haters qui détesteront, ce dernier album ne fait pas l’effort de s’adresser à eux), mais les plus passionnés verront leur attente comblée. A ceux qui disaient que Metallica était morts, le groupe adresse là un gros fuck. Le mastodonte n’est pas repu contrairement à ce qui a été dit, au contraire, il a même retrouvé sa superbe (malgré une rechute et de nouvelles errances, qui sont là balayées d’un revers de main). On peut constater que James, Lars, Kirk et Robert se sont fait plaisir, et c’est communicatif. Ils ont montré qu’ils en avaient encore sous la semelle et peuvent partir à nouveau bouffer de la scène avec ces 12 nouveaux titres taillés pour ça. En attendant un retour au studio, qu’on espère plus rapide. Après nous avoir chauffé comme ça, ce serait dommage de pas donner suite…

 

 

DIMITREE – « Id/Ego/Superego »      by Jerem.

DIMITREE - IDEGOSUPERGO fullhq

3 ans après « Nine lives », une première livraison prometteuse et surtout dévastatrice, nos fournisseurs préférés de psychotrope Dimitree sont de retour avec leur nouvel opus « Id/Ego/Superego » et je peux déjà vous dire qu’ils ne sont pas là pour enfiler des perles ! Leur musique est souvent qualifiée de mathcore, à juste titre, mais je trouve que c’est un terme un peu péjoratif par rapport à la diversité de l’univers musical proposé par ces toulousains.

« Two face » ouvre les débats et que dire … bordel mais quelle branlée messieurs ! C’est une vraie tempête dissonante : Dimitree nous rentre dans le lard à coup de riffs épileptiques taillés au scalpel (façon Dillinger escape plan au top) et de plans plus ahurissants les uns que les autres, la rythmique se donne un malin plaisir à nous blaster la tronche alors que le chant à l’énergie incroyable nous éructe toute sa hargne soutenue par des chœurs qui en font un hymne fédérateur, un putain de « tube » ce « Two face » je vous le dis. Et justement, on découvre rapidement le 2ème visage de la zike du quintet qui maltraite émotionnellement l’auditeur en envoyant des parties plus légères et touchantes ( notamment sur le très post-métal « Behind a pale painted smile » dont l’influence de leur nouveau bassiste Jey se fait bien sentir) et des interludes post-rock onirique (« Hold », « Cymon » hommage à leur ancien bassiste ?) qui nous caresse les oreilles, tout ça pour mieux les détruire derrière, une alternance assez hallucinante entre blast sonore et déluge mélodique qui souligne la violence extrême des autres compos (« Persistant vegetative state », « Exhale »). Outre la qualité indéniable et la technique irréprochable des zikos qui nous livrent par palette des riffs groovy (celui du couplet de « Nymphomaniac est juste complètement ouf), brutaux et déstructurés, j’aimerai particulièrement attirer l’attention sur Stephen (chant) qui a énormément progressé ; ses variations dans les cris et ses placements sont terribles, il est bien plus émotionnel dans l’ensemble et se laisse même aller à poser du chant clair sur « Behind a pale painted smile » et du spoken word sur le petit bijou du skeud « Adhikar » qui m’a littéralement chamboulé.

« Id/Ego/Superego » est puissant, surprenant et diversifié, difficile de rester insensible à ce brûlot à la prod impeccable (mention spéciale au son monstrueux de batterie), qui ratisse bien large, même s’ils reste tout de même très axé métal extrême. Chaque piste est une pure merveille taillée de main d’orfèvre et j’espère que tous ces efforts seront récompensés car honnêtement la patte Dimitree est unique et je n’ai pas souvenir d’avoir entendu mieux en France depuis un bon bout de temps.

Rendez vous le 08/04 pour la sortie de « Id/Ego/Superego » via le label au meilleur nom de tous les temps Hipsterminator records !

Pré-commandes par ici : http://www.hipsterminatorrecords.bigcartel.com/

 2 titres en écoute sur bandcamp : https://dimitree.bandcamp.com/album/id-ego-superego

 

 

STINKY – « Against wind and tide »      by Jerem.

stinky

Après 3 excellents ep, un changement de nom de Stinky bollocks en Stinky, et surtout l’arrivée au chant de Claire, il était temps pour les Clissonnais de confirmer l’essai avec un premier album du nom de « Against wind and tide ».

Ils ont peut être perdu les bollocks dans leur nom mais pas leur zike ; avec leur hxc moderne teinté de punk et de mélodies ravageuses rappelant aussi bien Comeback kid que Nine eleven (dont l’artwork rappelle « Le rêve de Cassandre »), le combo nous lamine à coups de riffs rouleau compresseur, de rythmiques en béton et de moshparts dévastatrices. C’est d’une efficacité redoutable, rapide, puissant et l’énergie explosive que nous balance à la gueule le quintet, nous laisse bien imaginer la branlée qu’on doit prendre en live. La frontwoman Claire n’est pas en reste et impressionne ; elle vocifère ses hymnes hxc avec hargne et autorité et surtout avec une énergie de dingue, une digne descendante de Candace Kusculain (Walls of Jericho) ou de Cindy Van der Heijden (All for nothing).

« Against wind and tide » ne révolutionne pas le genre, mais c’est une véritable bombe et on peut maintenant affirmer que Stinky fait partie des meilleurs groupes de hxc fançais. En même temps on ne leur demande pas de tout révolutionner mais de bien nous tarter la tronche !

« Against Wind And Tide » out on november 2015 via DELETE YOUR FAVORITE RECORDS (CD/LP) and RIOT BIKE RECORDS

Pour vous le procurer c’est par ici : https://stinkyhc.bandcamp.com/

 

DEFTONES – « Koi no yokan » by Jerem.

 

deftones

Après avoir mis la barre très haute avec « Diamond eyes » et trouvé l’équilibre parfait, le big five de Sacramento a donc fait son retour en 2012 avec un 8ème album, le (comme d’habitude) très attendu « Koi no yokan » qui a tout simplement propulsé Deftones au statut de groupe culte, si ce n’était déjà fait avant, si ce n’était déjà fait avant. Précisons aussi que c’est le 2ème sans Chi Cheng qui malheureusement s’en est allé vers d’autres cieux depuis. Alors que nous réserve « Koi no yokan » ?

Quelques notes suffisent pour retrouver ces sonorités reconnaissables entre mille et c’est avec les riffs sautillants et bien fougueux de « Swerve city » que débutent les hostilités. Frank Delgado, très présent sur ce disque, pose déjà l’ambiance tandis que Sergio Vega enrichit les mélodies guitare de Stephen Carpenter, du Deftones pur jus qui lorgne vers « Around the fur » pour commencer. Abe Cunningham n’a rien perdu de sa verve et martyrise toujours autant ses fûts avec une frappe puissante, nette et précise, « Leathers » est là pour le prouver, la rythmique y est destructrice même quand Chino balance un refrain lumineux bien accrocheur qui nous conduit vers un break assassin qui nous écrase littéralement. Sur les titres les plus frontaux, « Poltergeist » et « Gauze » en tête, le combo s’inspire allègrement d’ « Around the fur » et de « Deftones », ça bastonne sévère au grès des riffs incisifs et autres plans syncopés mais Chino toujours plus inspiré et sûr de ses mélodies, qui au passage délaisse un peu plus les screams que par le passé, donne une toute autre dimension aux morceaux. Il va même jusqu’à poser des parties quasi new wave sur « Graphic nature » ou « Goon squad ». Moins tubesque que « White pony », ce disque regorge tout de même de pépites qui m’ont fait chavirer : « Entombed » avec son mix parfait entre mélodies électriques bien puissantes et nappes et beats electro ( electro hein, pas dub step je précise …), une vraie merveille ou encore « Rosemary » qui nous plonge dans des ambiances post rock avant qu’une atmosphère pachydermique à la Neurosis ne s’installe et nous étouffe, et que dire du riff final dévastateur ! Et tout ça, en restant mélodique, grâce à un Chino plus créatif et exalté que jamais.

La fougue et l’énergie d « Around the fur », la beauté et la créativité de « White pony », la puissance de feu de « Deftones », le son direct et les différentes atmosphères de « Diamond eyes », voilà comment résumer « Koi no yokan » qui est pour moi l’incarnation parfaite de ce qu’est Deftones.
En ne délaissant pas les sonorités qui ont fait ce qu’ils sont aujourd’hui, ils poursuivent d’expérimenter leur son qui évolue sans cesse et continuent leur chemin sans tomber dans le piège du fameux retour aux sources. Difficile de dire si c’est leur meilleur disque mais après une telle carrière, continuer à surprendre et susciter autant d’intérêt est une réelle performance en soi. Encore une fois Deftones ne déçoit pas et poursuit son ascension vers les plus hautes sphères musicales. « Koi no yokan » est un pur bijou et je ne suis pas le seul à le dire car il a trusté les premières marches du podium de la plupart des top albums de 2012 !

 

 

THE INSPECTOR CLUZO – « Rockfarmers »     by Nikkö

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A une semaine de la diffusion des Victoires de la Musique-de-merde, hasard du calendrier, le groupe de rock montois The Inspector Cluzo sort son cinquième album et prouve encore une fois que le rock français existe, et, loin d’une célèbre boutade de John Lennon, il nous sert parfois d’excellents albums. Loin des artistes chéris par le service public aux messages forts du style « faire le mal, c’est quand même pas super bien », le duo de Mont-de-Marsan est un groupe intègre à leurs convictions et aux paroles souvent engagées. A l’instar de titres comme « Wild and Free, the « indignés » song », « Move Over Monsanto », et dans ce nouvel album, « GMO and Pesticide », le groupe défend un terroir, des traditions et un artisanat. En totale autogestion, ils tournent partout dans le monde (probablement le groupe français à avoir tourné dans le plus grand nombre de pays différents), organisent eux-mêmes leurs tournées, et, à côté de ça, ont leur propre ferme où ils élèvent des canards et des oies, à l’ancienne, loin de toute industrialisation et produisent leur propre foie gras, pâté, rillettes et même de l’armagnac, et ont proposé des packages en édition limitée, incluant certains de leurs produits fermiers avec leur nouveau disque. La Gascogne chevillée au corps, ils sont partenaires du Stade Montois, club de rugby local évoluant en Pro D2, arborent le drapeau gascon sur scène ou signe tous leurs messages d’un « adishatz ».

Mais The Inspector Cluzo c’est bien plus qu’un groupe artisan qui propose une approche des tournées axée sur l’humain et en relation avec leur conviction profonde, c’est un groupe qui envoie du lourd à chaque album, comme en live où ils sont réputés pour leurs prestations explosives. C’est à deux, Laurent Lacrouts et Mathieu Jourdain font plus trembler la terre que pas mal de formations. Un duo qui propose un mescladis d’un rock funky, d’un garage abrasif et l’énergie du punk. Au fil des albums, leur son est devenu plus complexe. Sur « Rockfarmers », leur premier double album, les gascons ont élargi à nouveau leur horizon et suprend encore une fois. D’entrée de jeu, le disque débute par la chanson éponyme, un instrumental de plus de 5 minutes débutant pied au plancher et avec des breaks acoustiques plus légers, pour faire un véritable condensé des multiples identités de l’album. Rarement un instrumental n’aura été aussi captivant. A peine le temps de souffler que la deuxième chanson débarque, encore une fois assez loin de ce qu’on connait du groupe, mais toujours avec cette joie et cette énergie communicatives. Le morceau « Lost In Traditions » semble mêler folk et rock avec beaucoup de justesse, avec un son auquel fait écho le début de la suivante, « Fishermen » avant de repartir sur du massif et de la grosse guitare saturée, et comme depuis le début, on aura pas mal de changement de rythmes à saluer. « Kiss Me » est une bonne ballade, chargée d’émotions et intense. Le final du premier disque « Estiu Theme » fait écho à la première piste. Le deuxième disque garde ce mélange. On a du massif comme « GMO and Pesticides » et « Quit The Rat Race » qui mêle la rythmique d’une ballade à de la grosse saturation, un retour aux sources avec « Romana », un autre instrumental d’excellente facture (« Abu »), mais aussi des pistes plus acoustiques comme « Stars Are Leavin’ » ou l’émouvante « Lonely Man ».

Au final, on a un album complet, moins furieux, mais proposant une palette plus large. A l’échelle de leur autre activité, The Inspector Cluzo fait de l’artisanat, du bio, du très bon nourri aux grains et pas de la musique fade, industrielle, et bourrée d’OGM. The Inspector Cluzo n’aura très probablement jamais de Victoires, mais c’est pas plus mal, ça prouve qu’ils n’auront pas baissé leur froc. Leur victoire à eux, c’est leur public mondial réuni sous un même drapeau gascon, et ça ils ne l’ont pas volé. Arrêtez 2016, on a trouvé le meilleur album de rock français de l’année.

 

 

 

KORBEN DALLAS – « S/T »          by Jerem

Korben Dallas

En 2012, Korben Dallas avait fait une entrée fracassante sur la scène post métal/core française avec l’excellent ep « Noxiae » qui avait laissé entrevoir un sacré potentiel. L’heure est venue pour eux de nous présenter leur premier album « Korben Dallas » ; alors répond-il à toutes nos attentes ?

Nous sommes accueillis avec l’instrumental « Ch. 315 » qui pose une ambiance étouffante où le climat y est sombre et malsain jusqu’à ce que l’orage pressenti éclate avec « Iris ». C’est puissant, dévastateur et le chant écorché nous prend aux tripes ; d’entrée de jeu nos émotions sont mises à mal. Il n’y a aucune lueur d’espoir à l’horizon, nous sommes littéralement plongés dans le chaos où règne un désespoir total. C’est à renfort de riffs cataclysmiques, de rythmiques massives et d’agressions vocales déchirantes que le quintet nous matraque même si quelques accalmies bien senties pointent le bout de leur nez, mais là aussi l’atmosphère y est obscure et les mélodies empreintes de mélancolie, ce qui ne dissipe en rien la noirceur permanente qui plane au dessus du disque. La lente agonie s’achève sur le dantesque « Rideau » qui fini de détruire toute pensée positive encore présente dans notre esprit.

La réponse à la question posée au début de la chronique est assurément : OUI ! Avec ce premier album, Korben dallas joue clairement sur les plates bandes des meilleures prods post core/métal suisses ou nordiques qui n’ont vraiment rien à leur envier. Même si bien sûr leur influence est plus que présente dans leur musique, les limougeauds font preuve d’une personnalité bien plus affirmée et ont même réussi à gommer les petites imperfections aperçues sur « Noxiae », notamment le travail des atmosphères de bien meilleure qualité et le chant clair bien mieux utilisé. Une réussite !

A l’écoute et en vente par ici : https://korbendallas1.bandcamp.com/

 

T.A.N.K. – « Symbiosis »          by Jerem

TANK

Déjà un 3ème album pour le quintet qui nous régale encore une fois de leur death mélodique aussi bien influencé par la scène scandinave d’In flames à Soilwork dont on retrouve le chanteur sur un titre, et le métal ricain façon Machine head et Lamb of god.
Alors sur « Symbiosis », les morceaux sont en béton armé, ultra puissants, techniques juste ce qu’il faut et surtout terriblement accrocheurs, la maîtrise des mélodies est vraiment exceptionnelle, l’équilibre entre passages bien rentre-dedans et ambiances plus posées est vraiment parfait. Mais tout cela est surtout dû au chanteur qui nous sert une performance de haut vol, avec des variations de tueur qui passent du growl à des envolées claires qui ne tombent à aucun moment dans le sirupeux et qui aèrent bien les compos.
Je n’ai pas envie de vous faire le coup de l’album de la maturité mais « Symbiosis » semble bien plus maîtrisé que ces prédécesseurs car T.AN.K. s’éloigne petit à petit de l’influence énorme death mélodique scandinave qui leur colle à la peau, même si elle reste très présente, en y infusant des sonorités bien plus variées et personnelles. En tout cas si vous êtes fan de métal, ce disque vous ravira à coup sûr !

 

 

LAMB OF GOD – « VII : Sturm und drang »            by Nikkö

Lamb-of-God-VII-Sturm-und-Drang

Il est des épreuves qui marquent un homme à tout jamais. Fin juin 2012, Randy Blythe, frontman de Lamb of God est arrêté à l’aéroport de Prague et incarcéré. Il est mis en cause dans la mort d’un fan poussé hors de scène lors d’un concert à Prague deux ans plus tôt (il faut dire que depuis le meurtre de Dimebag Darrell sur scène par un fan désaxé, les metalleux sont un peu nerveux des qu’un aficionado envahit la scène). Il sera libéré sous caution deux mois plus tard puis jugé non coupable mais responsable en mars 2013 puis acquitté en appel trois mois plus tard.
Sa détention dans les geôles tchèques ont profondément influencé le nouvel album du groupe, « VII : Sturm und Drang » (« VII : Storm and Stress », une des trois époques majeures de la musique classique).
L’album entre dans le dur direct avec « Still Echoes », qui retrace un pan de l’histoire de la prison de Pankrác (son lieu de détention), notamment quand celle-ci était sous le contrôle des nazis. La première phrase fait référence aux exécutions massives à la guillotine (2000 en deux ans), instrument de mort que les Allemands tenteront de dissimuler à la fin de la guerre en la jetant dans la rivière. Une chanson engagée dans la lignée de brûlots écrits auxquels le groupe nous a habitués par le passé.
Le troisième morceau, « 512 », dont le titre correspond à son numéro de cellule (une partie des titres a été écrite en prison) traite du changement radical de mentalité opéré en prison par instinct de survie. La musique est plus oppressante, pesante.
Le quatrième morceau, « Embers », est sans conteste le meilleur de l’album, et un des meilleurs de la carrière du groupe. Si on plonge durant l’album dans la noirceur et l’absence d’oxygène des abysses, durant un instant, lors de ce titre, on aperçoit cette lumière qui nous fait remonter à la surface. Cet instant de grâce, c’est le couplet de Chino Moreno (invité car Blythe est fan de Deftones). L’alliance entre le scream ténébreux de Blythe et la voix d’ange du frontman de Deftones en fait le morceau le plus chargé en émotion de l’année. Moreno prouve encore une fois sa capacité à transcender l’obscurité la plus opaque, ne serait-ce que le bref instant où il pose sa voix.
Dur après un tel monument de passer à un autre morceau tant l’envie de le passer en boucle encore et encore est forte. Le morceau suivant, « Footprints », est un coup de gueule contre l’attitude stupide, égoïste et inconsciente des touristes à la fois vis-à-vis des habitants locaux d’un endroit et de la faune et la flore environnante, comme s’ils débarquaient en pays conquis (quand on voit par exemple, la destruction d’un rituel, opéré par des tortues pour leur survies, par des touristes abrutis qui voulaient se prendre en selfie avec, le tout à cause de tour opérators peu scrupuleux, on se dit que Blythe est visionnaire).
Le sixième titre « Overlord », est lui aussi une curiosité. Il s’agit du premier morceau du groupe avec une voix claire. Une power ballad en somme (non, n’ayez pas peur, faire du Scorpions, c’est pas le genre du groupe), et finalement, ça fonctionne plutôt bien, même de la part d’un groupe identifié notamment par le scream/growl de son chanteur, reconnaissable entre mille.
« Anthropoid » marque le retour de la thématique tchèque, en rendant hommage à un groupe de ciitoyens qui tentèrent de supprimer le nazi Heydrich, le Boucher de Prague.
« Engage the Fear Machine » et « Delusion Pandemic » est un diptyque sur les médias, le premier traite de la culture de la peur opérée par les médias sur les consciences, quand le second dénonce le culte de la stupidité sur Internet.
Enfin, « Torches », qui invite Greg Puciato des Dillinger Escape Plan, rend hommage à un étudiant tchèque qui s’est immolé par le feu est et devenu un symbole de la dissidence pendant le Printemps de Prague. Contrairement à « Embers », la voix claire de l’invité est plutôt utilisée en back pour donner un peu de relief et ne joue pas du coup sur le contrepied.
Les 10 titres de « VII : Sturm und Drang »forment un tout relativement homogène, avec « Embers » cependant, qui sort du lot. La production n’est pas au niveau de ses prédécesseurs, et l’album est en-deçà de « Ashes of the Wake », « Resolution », ou « Wrath ». Mais Chris Adler est toujours aussi bon derrière les fûts (même si on n’a pas ce jeu subtil qu’offrait, par exemple, le morceau « Laid to Rest »), et le jeu des guitaristes Mark Morton et William Adler, et du bassiste John Campbell, est toujours efficace. Quant à Randy Blythe, il fait ce qu’il fait de mieux, à savoir des vocaux éraillés illustrant des lyrics toujours autant travaillés. Depuis l’époque du bourrin « Burn the Priest », Lamb of God a nuancé ses propos et gagné à maturité, et cet opus ne fait pas exception. Au milieu de la grosse actualité metal 2015 (Iron Maiden, Slayer, Fear Factory, Deftones, ainsi que de gros all star albums), le dernier effort de bande à Blythe fait tout de même figure de morceaux de choix. SI l’aventure a failli tourner court en 2013, on ne peut que montrer le plus grand respect pour ce retour en force.

 

 

DRAW ME A SHEEP – « Premier pas »      by Jerem

draw me a sheep

Bien que l’on se dise que tout a déjà été fait en matière de zike, il y aura toujours un groupe pour surprendre son monde. Et ce groupe c’est Draw me a sheep, quatuor toulousain qui vient de sortir son premier album « Premier pas » enregistré et mixé par Jérémie Mazan et masterisé par Adam « Nolly » Getgood (Periphery).

Alors que dire … à part que ce disque est exceptionnel ! Il est d’une d’une virtuosité incroyable, la prod y est parfaite, les arrangements géniaux (les cuivres de « Twist and icecream », un vrai délice) et les compos vraiment terribles. N’ayant pu trouver un chanteur correspondant à leurs attentes, le quatuor a décidé d’opter pour une zike instrumentale à classer quelque part entre le métal progressif, le djent et … le funk rock. Non vous ne rêvez pas j’ai bien dit funk et je pousserai même jusqu’à dire jazzy, le mélange peut sembler improbable, un peu comme si Animal as leaders se tapait un jam avec Infectious grooves, et pourtant c’est bien ça et ça le fait grave. Tout au long du disque le groove domine les débats et ceci bien aidé par une section rythmique de tueur où blasts et gros slaps de barbare font très bon ménage, d’ailleurs grosse mention plus plus à cet énorme son de basse. Les gratteux ne sont pas en reste et nous gratifient de riffs et autres solos, bien que très techniques, finalement bien accrocheurs, groovy et d’une précision diabolique, aérés par de superbes plages mélodiques qui feront aisément oublier au plus fervent détracteur, la technicité omniprésente sur le disque.

Bref, pour leur « Premier pas », Draw me a sheep met la barre très haut et a même réussi à me réconcilier avec la zike instrumentale très technique qui, je l’avoue, ne fait pas partie de mes styles de prédilection. Mais là, c’est tellement différent, varié et bien construit, qu’en l’espace de 30 minutes ils m’ont séduit.

« Premier pas » est disponible sur le bigcartel de Draw me a sheep : http://dmas.bigcartel.com/product/draw-me-a-sheep-album-premier-pas-worldwide-shipping

 

 

THE PRESTIGE – « AMER » by Jerem

The prestige

Prestige : n.m. Qualité de quelque chose, de quelqu’un qui frappe l’imagination, impose l’admiration par son éclat, sa valeur. En voilà une définition qui colle parfaitement à la musique du quatuor parisien The prestige, qui fait son retour avec un nouvel album intitulé « Amer ». Préparez vous, mettez vous bien en ligne, c’est par ici la branlée !

Et on ne tarde pas à s’en apercevoir, avec la mise en bouche « Amer » on sait où on met les pieds, l’atmosphère y est lourde, sombre et déjà torturée mais c’est quand débarque « Bête noire » qu’on rentre dans le vif du sujet. Le quatuor nous prend à la gorge et laisse exploser toute sa puissance dévastatrice tel un The chariot au top de sa forme. Nous sommes pris dans un tourbillon de violence où l’ambiance est corrosive et malsaine, The prestige nous écrase et nous matraque à coup de riffs ravageurs et de rythmiques épileptiques, bien souvent agrémentés de thèmes de guitare aux sonorités bien plus rock apportant une autre dimension à leur hxc surpuissant. Même lorsqu’ils calment le jeu, la tension est palpable, l’ambiance est tout aussi sombre et même le chant clair, ô combien sensible et à fleur de peau, ne parvient pas à nous extirper ce cette noirceur ambiante. « Négligée » et « Cri de cœur » m’ont particulièrement marqué car ils démontrent tout la richesse musicale du combo et résument plutôt bien ce The prestige nouveau cru, qui est violent, intense, lourd et parfois même épique.

Peut-être que le monde qui y est dépeint est « Amer » mais le disque lui n’en porte que le nom car avec ce nouvel opus, The prestige nous sert un disque addictif à la qualité sonore exceptionnelle, sublimée par le magicien Amaury Sauvé, qui atteint véritablement des sommets d’excellence. Assurément sur le podium des mes disques préférés de cette première moitié 2015.

Jerem.

En écoute par ici : http://music.wearetheprestige.com/album/amer

 

WILL HAVEN – « OPEN THE MIND TO DISCOMFORT » by Flo

will haven

Cela fait 4 ans que WILL HAVEN nous avait laissé avec « Voir Dire », un album émotionnel
beaucoup plus ambiant et sombre que ses prédécesseurs et en ce 19 mai, le fameux ep nommé « Open The Mind To Discomfort » atterri tel une bombe dans mon lecteur.

Quelle production ! Le son y est froid, épais mais propre à la fois et surtout très très gros.
La batterie de Mitch Wheeler résonne tel un marteau- piqueur, constituant cette section rythmique très lourde avec le son de basse d’Adrien Contreras à la la limite de l’infra basse (accordage très très
bas oblige).
L’intro « A » nous berce directement dans l’ambiance avec ce piano aux sonorités d’outre-tombe puis « Soul Leach » débarque subitement avec sa lourdeur nous plongeant dans ce monde ténébreux presque à la limite du doom, suivi de sa rythmique pachydermique alternant parfois avec quelques
accélérations. Le scream de Grady Avenell démontre tout son désespoir avec ce timbre unique et
magique.
Suit « Do You Have A Light » et son ambiance plus tribale, notamment au niveau batterie, mais celui ci reste toutefois percutant, dommage que la voix de Grady soit presque en fond sonore
et moins présente dans le mix, cela doit être une volonté du groupe.
Après les nappes de claviers angoissantes de l’interlude « B », débarque « Hermit » ; le MORCEAU de l’ep pour ma part et il représente Will Haven dans toute sa splendeur ; c’est noir, brumeux, glacial , le tout accompagné de riffs bulldozer comme ils savent si bien faire, que c’est bon !
L’interlude « C » (pas forcément utile) fini, « The Comet » surprend car il rentre direct avec un riff
lourd mais énergique à la fois, tout ceci couvert de nappes de guitare signées Jeff Irwin
(uniquement faites à la gratte il n’y a ni samples ni clavier). La fin de cette chanson vient
enfoncer le clou dans cette pénombre et cet univers brumeux.
Arrive un dernier interlude « D » et « Pop 14 » le dernier morceau, pas mal similaire à « Hermit » dans les riffs et la construction, se fond dans ce déluge et nous berce dans la pénombre avec une fin hypnotique rappelant les notes de piano de l’interlude « A », grossi par une rythmique rouleau-compresseur.

Cet ep est bon dans son ensemble malgré le nombre trop important d’interludes pas forcément utiles qui arrivent à tout moment. L’artwork est réussi, j’adore cette statue qui semble pleurer c’est en parfaite harmonie avec leur zike.Grady Avenell nous fait hérisser les poils avec son timbre qui prend aux tripes ainsi que les guitares de Jeff Irwin et nous font plonger dans l’ambiance d’ « Open The Mind To Discomfort » qui est la suite logique de « Voir Dire » en bien plus noir. Toutefois 2 ou 3 morceaux de plus auraient été les bienvenues mais ne crachons pas dans la soupe, cela reste du très bon WILL HAVEN. De quoi ravir les fans de post-metal et consorts. On attend la suite avec impatience….

Flo

 

WE ONLY SAID – «BORING POOLS» by Jerem

We only said

Depuis quelques années, on peut constater que beaucoup de groupes tentent le revival rock alternatif 90’s avec plus au moins de succès, et bien eux, ils y arrivent à la perfection, leur nom c’est We only said, ils viennent de Rennes et ont sorti leur deuxième album « Boring pools » en janvier via Les disques normal. Un disque attendu car il leur aura fallu 6 ans pour le faire mais surtout leur premier opus éponyme avait été unanimement salué par la critique.
Dès les premières notes le combo capte notre attention avec un indie rock classieux qui nous plonge dans un univers empreint de mélancolie où se croisent de sublimes mélodies éthérés et voix fragiles bien planantes. Leur musique est à la fois claire, hypnotique, tortueuse et d’une finesse technique vraiment superbe ; l’alchimie entre les instruments est exceptionnelle, trois guitares se donnent le change sans pour autant couvrir la basse qui est vraiment très présente et au diapason avec une teuse qui tape toujours juste. « Boring pools » sonne tour à tour shoegaze, indie ou post rock, ce qui m’a fait beaucoup fait penser à des groupes comme Tortoise, Shellac, Slint même si We only said est bien moins sombre. J’y ai même trouvé un côté Radiohead version « In rainbows » sur certaines mélodies et le côté intimiste de quelques morceaux.
We only said tutoie la perfection avec « Boring pools », même si ce n’est pas étonnant au vu du cv de certains membres (Trunks, See saw motion ou Fat supper), un disque brillant que les amateurs de rock classieux aux accents 90’s devraient placer très haut dans leur hiérarchie.

Pour l’écouter où vous le procurer c’est par ici : https://weonlysaid.bandcamp.com/album/boring-pools

 

EXYLEM – « S/T » by Jerem

exylem

Disons le d’emblée : si tu as du mal avec le métal extrême et autres dérivés poétiques en tout genre, passes ton chemin, car Exylem, one man band albigeois débarque avec un premier ep « S/t » et il n’est pas là pour enfiler les perles. Alors ce projet est piloté par Olivier, un zikos pétri de talent, qui a tout fait sur ce disque, de la compo à la prod, en passant par les instrus, le chant et les enregistrements, une véritable performance ! Il s’est tout de même entouré de bons musiciens de la scène toulousaine, notamment des mecs d’Orob et d’Havenless, pour pouvoir nous en mettre plein la tronche sur scène. Mais parlons un peu du disque.

Passé une intro plutôt froide et glauque qui annonce la couleur, Exylem nous plonge dans un océan de haine et de noirceur d’une intensité folle où le seul maître mot à bord est le désespoir. Nous sommes littéralement ensevelis sous un chaos ambiant où règnent ambiances malsaines et dissonantes qui croisent un véritable déferlement de violence qui pousse toute la négativité enfouie au plus profond de nous à exploser. L’empreinte clairement black métal de leur musique se heurte a des frontières plus hxc et postcore qui par moment apaisent les esprits pour laisser place à de superbes plages mélodiques, mais toujours aussi sombres, chargées en émotions où le chant totalement arraché et plaintif nous crache tout son mal être au visage, et en français s’il vous plaît. Si on devait trouver des ressemblances, il faudrait chercher du côté de Plebeian grandstand pour le mix black/hxc chaotique ou encore Rorcal pour la lourdeur et le côté apocalyptique, mais certaines ambiances m’ont pas mal rappelées Behemoth notamment sur « Le temps qui passe » ou Enslaved sur « Aversion de soi ».

Ravageur, palpitant et très réussi, ce premier ep d’Exylem est un véritable concentré de haine à l’état pur, durant 20 minutes c’est la véritable branlée, il n’y a pas d’autres mots. Comme je le disais plus haut, ce disque s’adresse bien entendu à un public averti qui à coup sûr y trouvera son compte car bien que le black métal domine le son d’Exylem, la diversité des sonorités peut ratisser large. Maintenant place à la scène !

Pour écouter c’est par ici : https://exylem.bandcamp.com/releases

 

AGNOSTIC FRONT – “THE AMERICAN DREAM DIED” by Nikkö

agnosticfrontamericandreamcd

Il aura fallu attendre quatre ans pour entendre enfin le successeur de « My Life, My Way » et ça y est, on l’a notre première beigne HxC de 2015. Un album court, simple, sans fioritures et efficace. Le moins qu’on puisse dire est que c’est réussi (quoi qu’en pensent les « hipsters du metal » de Horns Up), et que les pionniers de la scène montrent encore, à 50 berges, qu’ils n’ont rien perdu de leur forme et s’envoient tout au long de la trentaine de minutes qui tabassent, et parfois qui le font à toute blinde comme l’atteste la durée très courte de certaines chansons (moins d’une minute pour certaines, même si dans le keupon, c’est hyper courant). Ça sent la 8/6 (bien que le groupe soit straight edge), la sueur et la testostérone; une ambiance qu’on retrouve dans le bien burné « Never Walk Alone », meilleur morceau de l’album et invitant les chanteurs de Sick Of It All, de H2O et de Madball (le frangin de Roger Miret). Avant même de s’injecter la galette dans la cage à miel, le ton est donné avec la pochette illustrée par une statue de la Liberté morbide, une figure de style (le détournement de monuments symboliques) qui n’est pas sans rappeler la statue de la Justice dégradée de part en part, enchaînée et laissant tomber des liasses de billets sur la pochette de «…And Justice For All » de Metallica, mon premier album culte.
C’est donc comme d’habitude des Agnostic Front revendicatifs qu’on retrouve, groupe considérés à tort comme fachos à cause de leur look et d’une partie de leur public (comme une partie des groupes Oï ! même apolitiques, même La Souris Déglinguée a eu droit à ce genre d’accusation) alors qu’ils seraient plutôt franchement anars. « The American Dream Died » montre ce sentiment de désillusion, « Only In America», “Enough Is Enough” et “Social Justice” enfoncent le clou. Quant à « Police Violence », dans la lignée des « Police TV » et « Police Shit » des Exploited, « Policia » des Sepultura ou le prédécesseur « Police State » de la bande à Roger Miret, elle n’a jamais été autant d’actualité dans le contexte d’explosion des bavures policières racistes aux Etats-Unis ces dernières années. Bref, ce nouvel effort s’inscrit dans la lignée de ce qu’Agnostic Front a toujours produit. Cela ne révolutionnera pas la musique punk, mais c’est bien bourrin, ça cogne dur, fort, c’est efficace (et ça fait aussi réfléchir), c’est un concentré de tubes taillés pour le mosh pit et c’est tout ce qu’on demande. Après trente minutes à se péter la nuque, le constat est implacable : le rêve américain, défoncé en chansons dans le passé par Bad Religion ou Pennywise, est finalement bel et bien mort.

 

DAGOBA – « POSEIDON » by Nikkö

dagoba

Parler d’un album et d’un groupe qui ont autant divisé les fans de metal n’est pas chose facile. J’ai d’ailleurs pas compris les raisons d’une telle haine viscérale de la part des détracteurs de Dagoba. Leur look ? Le fait que « Poseidon » ait fait pas mal de vente, alors on taxe cet album de « commercial » ? Serions-nous devenus des bloggueuses de mode ou des putain de hipsters ? J’espère pas. Certaines critiques sont d’ailleurs des monuments de mauvaise foi, reprochant certaines choses (notamment l’abus de double pédale) qu’ils adorent chez d’autres groupes, ou qui sont carrément exagérées, notamment traiter de commercial un groupe qui mêle metal indus et power metal avec des éléments death. Franchement les gars, vous avez entendu ce genre de son à la radio ? Vraiment ?
Cette mise au point étant faite, place à la chronique.

Après les très bons premiers albums, surtout « What Hell Is About », le troisième album, « Face the Colossus » s’est fait descendre en flammes. On lui reprochait notamment son mix et sa production outrancière. De mon côté, si ce n’est pas mon album préféré du groupe, notamment car certains instruments sont en retrait, le côté blockbuster ne m’avait pas déplu. « Poseidon » est un retour aux sources des marseillais. L’album nous entraîne sur les traces du navire fantôme « Poséidon ». On part de la cité phocéenne dès l’intro, « 43 17′n-5 22′e » (les coordonnées, latitude et longitude, de la ville de Marseille). Tous les titres de l’album contiennent des références au champ lexical marin (jusqu’à « I Sea Red » qui joue sur l’homonymie sea/see). Le deuxième titre « Dead Lion Reaf » tabasse bien comme il faut et met dans l’ambiance de l’album avec en fond sonore ce qui pourrait ressortir d’une BO d’un bon film de pirates. Shawter alterne très bien chant hurlé et chant clair avec cette voix si particulière, et Francky Costanza tabasse les fûts comme si sa vie en dépendait, et Izakar nous envoie de la bonne grosse distorsion. La suivante « Columnae Herculis » nous met dans un état d’alerte, auquel répond le tempo hyper rapide. On s’embarque désormais vers un monde dangereux. Avec « The Devil’s Triangle », on entre en zone de turbulence, qui continue sur « Degree Zero ». « The Horn Cape », l’instrumental torturé, massif et rapide, nous entraîne dans l’un des points les plus dangereux du globe. Le tubesque « Black Smokers (752 Fahrenheit) », morceau le plus décrié de l’album, est très efficace, avec des tonalités indus et un refrain qui déboîte, et Shawter nous offre une nouvelle palette avec un chant plus clair. S’ensuit le diptyque « Ha Long/Shen Lung » qui nous emmène sur les comptoirs de l’ancienne Asie. Le premier, un instrumental, est un oasis de tranquillité. Une tranquillité de courte durée cependant, à laquelle répond la fureur du second, le sommet de l’album. Le style de « Shen Lung » est semblable à « Black Smockers » avec un refrain prenant et un chant clair bien qu’éraillé, le tout avec en plus cette ambiance particulière. La théâtralisation de l’ambiance sur ces deux morceaux en fait des bijoux et pour peu qu’on ait de l’imagination, on s’y croirait. « I Sea Red » est un monument de fureur, un titre taillé pour la scène et qui ferait la BO parfaite pour l’abordage d’un navire. Un assaut qui se poursuit sur « There’s Blood Offshore » dans lequel la bataille fait rage. Enfin sur le dernier, « Waves of Doom », le navire « Poseidon » semble en prise avec des éléments déchaînes avant de disparaître dans les flots (spoiler alert).

« Poseidon » est un album solide et très bien produit. Le groupe fait la part belle à l’ambiance tout au long de l’album. Le très bon mixage de l’album donne l’impression d’un blockbuster hollywoodien, dans le bon sens de l’album. La batterie de Francky Costanza, très bien valorisée, sonne par moments comme les tambours utilisés dans les galères pour faire ramer plus vite les prisonniers. L’album se débarque de thématiques souvent éculés (ok, y a des albums sur l’univers pirate et certains groupes s’en sont fait une spécialité) mais y en a pas des milliers. De plus, Dagoba, comme à son habitude, casse les codes du power metal en y injectant les notes indus çà et là et un chant (et une batterie) bien death mélodique. Certes, on ne peut pas comparer les phocéens aux ténors que sont Gojira (mais en même temps, très peu de groupes ont le niveau des bayonnais), pourtant cette machine de guerre se situe bien au-dessus d’une bonne partie de la scène métal française et peuvent rivaliser sans complexe à l’international. Bon, on cause, on cause, mais on le fait cet abordage, oui ou non ?

I see red
I SEE RED
I SEE RED
I SEE REEEEEEEDDDDDD

 

DIRECTORS CUT – « S/T » by Jerem

directors cut

C’est en 2012 que se forme Directors cut, jeune band lyonnais plein d’ambition qui, après s’être échauffé en sortant rapidement un ep suivi d’un single en 2013 laissant déjà entrevoir un sacré potentiel, nous assène enfin en décembre 2014 leur premier album « Directors cut » … et quel album !

Le quatuor fait dans le punk rock mais pas n’importe lequel ; un punk rock bien rugueux et ultra mélodique qui parfois même nous conduit vers des sonorités proches d’un bon gros power rock qui arrache. En somme, un groupe de punk certes, mais un groupe de punk qui amène un nouveau souffle, un vent de fraîcheur à un style plus que saturé par des combos dénués de toute originalité. Directors cut envoie la sauce avec une énergie débordante, dès l’énorme tube « Do you wanna get cut ? ». Les fondations sont posées : ils sont là pour nous en foutre plein la gueule ! Les guitares balancent des gros riffs tranchants saupoudrés d’arpèges et de thèmes mélodiques à souhait où viennent s’ajouter à la recette une grosse basse à la limite du crado façon grunge et une batterie puissante aux placements de tueurs qui n’hésite pas à tartiner de la double quand le besoin s’en ressent. Que dire du chant à part qu’il est vraiment d’un niveau impressionnant, ces croisements chant clair/éraillé sont terribles et nous balancent de véritables hymnes qui te rentrent dans la tête pour ne plus en sortir. On ne s’ennuie vraiment pas en écoutant ce skeud car les titres sont très variés, on passe du pop punk à la ricaine de « 1990 » (décennie qui à mon avis les a bien influencé) au très Foo fighterien « Partners in crime » en passant par l’énorme « Brainfuck » et ses breaks qui tabassent façon mathcore … bref ils envoient un putain de rock qui avoine.

Pour un premier album, on peut dire que les Directors cut ont déjà tout d’un grand, vu la maturité et la qualité de composition des morceaux et bien entendu vu leur niveau technique surprenant, ça ne m’étonnerait pas qu’on entende parler d’eux à l’avenir. Dernière précision, ce premier éponyme est total DIY, alors messieurs les labels, à votre place, je parierai bien une petite pièce sur ces jeunots là !

 

NOT SCIENTISTS – « DESTROY TO REBUILD » by Jerem

Not scientists destroy

Celui là on l’attendait chez … and out come the dogs car c’est un de nos coups de cœur de 2014 qui fait son retour, j’ai nommé Not scientists. Après 2 ep plus que réussis, les lyonnais passent à l’étape supérieure en sortant, en ce début mars, leur premier album intitulé « Destroy to rebuild ».

On ne va pas se le cacher, les ingrédients qui ont fait le succès des deux premiers opus sont là ; on retrouve ces grattes ultra énergiques et bien crunchy, la grosse basse qui claque bien, en même temps pas étonnant qu’elle soit martelée de la sorte car il faut bien ça pour suivre le bûcheron derrière qui met la misère à ses fûts. Leur mix d’indie et de pop punk fait des merveilles, les mélodies sont d’un niveau exceptionnel, bien prenantes et catchy mais là où c’est le plus visible, c’est sur les deux chants qui se mêlent à la perfection toujours bien appuyés par ces fameux chœurs labellisés Unco family. Les ingrédients sont bien tous là mais en mieux ! Ils y ont injectés des sonorités nouvelles comme de la british new wave façon 80’s presque shoegaze sur « Just break me », de l’emo notamment sur le final d’ « I’m brainwashing you » ou encore des éléments plus noisy voir même presque surf sur « Disconnect the dots » et tout ça en gardant, bien entendu, leur patte bien pop punk qui commence à être reconnaissable entre mille.

A première écoute, « Destroy to rebuild » peut paraître redondant mais quand on prend le temps de bien s’y plonger dedans, on ne peut être qu’ébahis par la richesse de ce disque qui arrive à faire renaître l’esprit des Clash durant quelques dizaines de minutes.

« Destroy to rebuild » sorti le 06/03 chez Kicking records, Pias et Delete your favorite records.
https://notscientists.bandcamp.com/

 

LIVING WEST – « 30:::CRISIS » by Jerem

Living west

C’est en 2013 que se forme Living west, trio originaire de Rouen, qui propose un rock teinté d’influences punk US mais également de pop anglaise. C’est un an plus tard seulement qu’ils livrent leur premier album « 30:::Crisis » en totale autoprod, où ils ont tout fait tout seul ; du son au superbe package. Mais que délivre ces 12 titres ?

La galette démarre sur les chapeaux de roue avec le tubesque « Hello goodbye » qui pose les bases d’un pop punk des plus efficaces dans la pure tradition de leurs aînés que sont Blink-182, New found glory ou Green day. Le trio fait preuve d’un grand savoir-faire en matière de mélodies percutantes et fédératrices comme le prouve les refrains imparables de « Give up » et « 30 crisis ». Cet opus se veut résolument pop punk bien ensoleillé mais c’est avec une bonne surprise que certains morceaux comme « Sorry » ou « Part of my life » flirtent avec des sonorités power pop plus sombres que le reste du disque qui se subliment sur le final « A message for you ».

Living west passe haut la main sa crise de la trentaine et laisse entrevoir un sacré potentiel, surtout pour un premier album en seulement un an d’existence. Je pinaille mais peut être que la tonalité du chant mériterait tout de même d’être un peu plus travaillée pour sonner un petit moins frenchy, alors peut être est-ce un parti pris. Amis trentenaires, ressortez vos skates et vos vieilles Vans, Living west se charge de la bande son !

 

AS WE DRAW – « MIRAGES » by Jerem.

as we draw

2014 sonne le retour de l’une des sensations hxc françaises car après avoir mis ce petit monde en ébullition avec leur premier opus dévastateur « Lines breaking circles », il y a déjà 4 ans, As we draw revient nous achever avec l’immense « Mirages ».

Comme à son habitude, le trio lavallois nous assène une musique massive, sombre, intense et violente qui fait péter la barrière des influences.Qu’il soit post hxc, post métal, noise ou mathcore, qu’importe l’étiquette, ce mélange de sonorités est sublime et résolument unique. Nous sommes littéralement oppressés par ces atmosphères lourdes et lugubres, qui sont ici sublimées par la prod impeccable d’Amaury Sauvé ( également batteur du groupe ) qui malgré le chaos ambiant arrive à nous pondre un son propre, net et puissant avec une mention spéciale aux cymbales qui semblent jouées dans la pièce. La diversité des influences fait aussi de « Mirages » un disque tout sauf linéaire, avec des pièces agressives et nerveuses (« Losing ground », « Denial ») ou plus aériennes mais toute aussi puissantes (« Fata morgana », « Black mail ») et je ne vous parle même pas de l’inquiétant final « Limbo », bruitiste à souhait.

Ne cherchez pas plus loin le disque hxc de l’année, As we draw était attendu au tournant et avec « Mirages » ils nous servent un pur chef d’œuvre du genre qui, au travers de leurs expérimentations, impose une patte assez unique qui ferait pâlir quelques uns des meilleurs groupes internationaux. Assurément un must have pour tout bon fan de musique extrême qui se respecte.

 

AQME – « EPITHETE,DOMINION,EPITAPHE » by Jerem

Aqme-épithète-dominion-épitaphe

Ah Aqme, ce nom ne m’évoque que de bons souvenirs car cela me renvoie 10 ans en arrière à traîner sur les bancs du lycée, en écoutant avec les pots tous ces groupes émergents de la nouvelle scène française néo-métal. Pour autant, je ne les ai jamais vraiment considéré comme appartenant à cette mouvance car leur zike naviguait plutôt entre rock et métal et avait un coté écorché amené par le chant et les paroles un peu poétiques de Thomas. Depuis, quelques albums sont sortis, le line up a changé mais ils sont toujours là et reviennent avec leur 6ème album «Epithète, dominion, épitaphe ». Après toutes ces années la question que l’ont peut se poser est : se sont-ils calmés ou encore plus décomplexés ?

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ont choisi la deuxième option car jamais les parisiens n’ont sonné aussi puissants et agressifs, bien sûr la prod du suédois Magnus Lindberg (Cult of luna) n’y est pas pour rien. « Idiologie » me met sur le cul d’entrée, gros riffs, breaks de teuse monstrueux associés à la hargne de Thomas qui nous en met plein les feuilles avec son grain si particulier que j’aime tant. Il faudra attendre jusqu’au troisième titre « Epithète, domination, épitaphe » pour entendre son chant clair avant de pousser à la fin son cri jusqu’à la rupture. La grosse ramassée continue sur le très death mélo « Luxe assassin » avec son final will havenesque, et même quand ça attaque doucement sur le sombre « L’empire des jours semblables», c’est pour mieux nous assommer derrière.

Après les dernières mandales assénées par « Adieu ! », « Marketing armageddon », « La dialectique des possédés », « My english is pretty bad » avec en guest Stéphane Buriez de Loudblast et Junior Rodriguez de Darkness dynamite , en passant pas une ballade pas vraiment nécessaire (« Plus tard vs trop tard »), ils finissent avec le très émotionnel « 110.587 » où la patte de Lindberg se fait bien sentir car cela aurait très bien pu être un morceau de Cult of luna.

Aqme atteint son apogée sur cet album qui se veut résolument plus sombre et agressif, j’irais même à dire que c’est tout simplement leur meilleur. Malheureusement tout cela est entaché par le départ avant la sortie du disque de Thomas, qui je pense est un véritable coup dur pour l’avenir du groupe. Un nouveau chanteur a été recruté alors espérons pour eux que cet album ne soit pas le chant du cygne mais la renaissance du phénix. En tout cas bonne chance à eux !

 

THE SOBERS – « THE SOBERS II » by Jerem

The sobers

Je dois être honnête, je ne connais quasiment pas la scène punk marseillaise alors quel fût mon plaisir de la découvrir avec le nouvel EP de The sobers sobrement intitulé « The sobers II ». Ne serait-ce que par le superbe packaging qui enveloppe ce vinyl 10’’ où l’artwork est décliné en 17 couleurs différentes, il mérite qu’on s’y intéresse. C’est un beau produit mais qu’a-t-il dans le bide ?

Le moins qu’on puisse dire c’est que le visuel est en adéquation avec la zike … la qualité est au rendez-vous ! L’intro démarre pied au plancher et annonce la couleur, c’est avec une grosse débauche d’énergie que le trio phocéen nous fait péter son punk rock à la tronche à grand renfort de riffs sautillants et de rythmiques punky qui tapent bien : on se voit déjà jumper dans la fosse. Sans le moindre répit, ils balancent leur brûlots d’une efficacité sans faille qui sont bien accrocheurs et particulièrement bien foutus. Bien foutus car ils n’hésitent pas a sortir des sentiers classiques du punk pour nous proposer un petit pont noisy sur « Running backwards » ou des riffs bien plus rock’n’roll que punk sur « Sunday’s cut ». Ces explorations m’ont pas mal rappelé le travail effectué par les Uncommonmenfrommars sur « Longer than an ep, shorter than an album ».

The sobers nous servent ici un disque réussi et bien abouti, techniquement parfait, bien exécuté autant pour les instrus que sur le chant et les harmonies vocales et surtout l’énorme et impeccable prod (mention spéciale au gros son de basse) qui est à la hauteur de la qualité musicale. Un seul petit bémol me vient à l’esprit pour « The sobers II » … 4 titres c’est trop court, c’est tellement bon que j’en aurais bien repris une tranche. Espérons que « The sobers III » rime avec long format.

The sobers – « The sobers II » Vinyl 10’’ 4 titres sorti en septembre 2013 via Bad mood asso.

Buy here : http://thesobers.bigcartel.com/product/new-ep

Listen here : http://thesobers.bandcamp.com/album/the-sobers-ii

 

METALLICA – « AND JUSTICE FOR ALL » by Nikkö
metallica

La notion de classiques est une notion extrêmement subjective. Et tant qu’à faire, autant commencer par le début de mon éducation musicale. On a tous un disque qui nous bouleverse, un premier album qui nous bouscule. Tous le monde a connu sa première claque musicale, celle qu’on écoute en boucle et qui nous entraîne dans une période plus ou moins longue où on va écouter ce qui s’y rapproche. Des fois, avec le recul, on se dit « mais comment j’ai pu écouter un truc pareil ». D’autres fois, c’est indélébile, et même si on s’en éloigne, on a parfois envie d’y revenir, de goûter à nouveau à cette saveur, un peu comme la madeleine de Proust. C’est un peu mon cas avec mon premier classique. Eté 1989, je me baladais avec ma sœur et j’entendais un truc étrange qui sortait de son casque de Walkman, je voulais savoir qu’est ce que c’était. Elle a posé son casque sur mes oreilles. Rewind… réglage du son pour pas m’exploser les oreilles. Elle m’avertit que c’est assez particulier comme musique. En enclenchant la touche Play, elle ouvrait de nouvelles portes et commençait une période de 7 ans durant lesquels j’ai écouté ça en boucle ainsi que d’autres artistes un peu plus soft. Une intro qui commence doucement, arrive lancinante et là le son déboule comme une charge de piliers de rugby, violent, brutal. Guitares rapides et techniques, batterie bastonnée, basse lourde, un chanteur qui hurle….. Je rentrais de plein pied dans une ère de Métal avec « Blackened », extrait d’un album mythique « …And Justice For All » de Metallica, un des meilleurs albums de Heavy Métal à ce jour. Pendant que d’autres enfants étaient perméables aux hits radios de l’époque, mes idoles s’appelleront désormais James, Kirk, Lars et Jason (ainsi que feu Cliff). Maintenant penchons nous sur cette œuvre que j’ai du écouter plusieurs milliers de fois.

Successeur de « Master Of Puppets » (album préféré des aficionados du groupe) et prédécesseur du populaire “Black Album” (qui a abordé l’assagissement du groupe), “…And Justice For All » est un album de transition. Certains le trouvent prétentieux, surproduit. Il est vrai qu’il est moins axé Trash/Speed Metal que ses prédécesseurs (à part sur « Dyers’ Eve) et de plus, le bassiste du groupe, Cliff Burton, est décédé (et le nouveau, Jason Newsted, ne s’illustre que sur un morceau). Enfin, s’il ne contient que neuf morceau, «… And Justice For All » est néanmoins très denses, avec de véritables morceaux fleuves (9 minutes 48s pour le plus long, l’instrumental « To Live Is To Die », seul morceau avec un solo du bassiste disparu et dont les quelques lignes du texte on été écrites par lui). Deux morceaux entrent dans la légende, le premier est le morceau titre de l’album, véritable charge contre la justice américaine corrompue, sur les avocats et tout le reste (la pochette de l’album – montant une statue brisée de la Justice, avec des billets verts qui tombent de la balance – est laisse planer aucun doute sur leurs sentiments à propos de cette institution). L’autre, c’est « One » sur la guerre (qui trouvera une succession digne avec le morceau « The Day That Never Come » sur le denier album du groupe). Des morceaux fleuves avec des instrumentaux interminables, des intros hyper longues, une véritable maîtrise technique des instruments (guitare et basse fusillées, riffs ravageurs, partitions complexes, batterie martyrisée), une maîtrise du verbe également (des textes complexes, maniant un anglais parfois littéraire) font de cet album une œuvre complexe qu’il faut écouter plusieurs fois pour en saisir toutes les nuances, un disque qui a incrusté des notes dans les microsillons de ma mémoire, de mes tympans, à jamais.

Deux ans plus tard, le groupe abordait un virage avec « Black album », leur Best Seller à ce jour, distillant des saveurs différentes, plus soft, moins intense, mais ça, ça sera dans une autre rubrique Classiques.

Novembre 2008 : la légende de Metallica renaît avec un album digne de la grande époque, « Death Magnetic », et le premier single (cité plus haut) me procure des sensations que je n’avais pas éprouvé depuis ce beau matin d’été 1989.

 

NIRVANA – « NEVERMIND » by Nikkö
nevermind

Parler d’un tel album ayant connu un tel succès critique et public n’est pas chose aisée, surtout plus de 20 ans après sa sortie. Mais il fait partie de ces albums qui marquent à jamais ceux qui les écoutent. Alors, tant pis si j’enfonce des portes ouvertes, je vais rendre hommage à un monument.

1991 : un raz de marée en provenance de Seattle s’abat sur la planète. Trois jeunes hommes, issus de l’underground connaissent un des succès les plus inattendus de l’histoire. Krist Novoselic, Dave Grohl emmenés par le charismatique (voire quasi-christique) Kurt Cobain accouchent de ce qui deviendra un phénomène de société : Nevermind. Successeur du très nerveux « Bleech » et prédécesseur de l’excellent mais plus inaccessible « In Utero », cet album est le parfait mélange des deux.

4 minutes 40 d’un clip fauché suffisent à déclencher l’explosion. « Smell Like Teen Spirit” devient l’hymne d’une génération, la génération X, celle des ados de la fin 80 – début 90, en perte de repère, rejetant le modèle parental des années fric. No Hope, slogan du mouvement grunge né de cette génération, slogan aussi pessimiste et nihiliste que le No Future du punk dont il est un héritier.

Des groupes ont suivi (Alice In Chains, Soundgarden, Pearl Jam, Mudhoney…) mais, sans cette rage fédératrice, se sont vite dilués.

Une pochette engagée (un bébé nageur attiré par un billet d’un dollar hameçonné), des riffs simples et efficace, des paroles fédératrices, des refrains qui restent dans la mémoire, “Nevermind” est un carton immédiat. Mais l’ingrédient principal, c’est cette voix éraillée, fragile, magnifique du chanteur. Un chanteur qui appartient à cette catégorie des maudits, des personnalités sensibles, cultivées, intelligentes, férues de poésie mais détruites par un système qu’elles ont rejoint et qui n’était pas le leur, Cobain était de ces personnalités-là.

23 ans après, “Nevermind” claque toujours aussi fort dans les oreilles. Le fédérateur “Smell Like Teen Spirit”, les efficaces “In Bloom”, “Come As You Are”, “Breed”, “Lithium”, “On A Plain” (autant de tubes en puissance), le punk “Territorial Pissings”, “Drain You” et son jeu de batterie à donner envie de faire du “headbanging” jusqu’à s’en péter le cou, le mélancolique et planant “Something In The Way” pour ne citer qu’eux s’écoutent avec toujours autant de plaisir. Et on comprend comment après tant d’années, on entend toujours des chansons de cet album interprétées par des apprentis chanteurs ou musiciens dans des concerts aux 4 coins du monde. Car ces chansons sont toujours d’actualité, elles touchent toujours ces jeunes oubliés et sans repères, qui ne se retrouvent pas toujours dans les soupes immondes qu’on essaie de leur servir. Le public d’origine, la génération X, a la gueule de bois depuis le 5 avril 1994. Ce jour-là, Kurt Cobain rejoignait, dans des circonstances suspectes, Morrison, Hendrix, Joplin, Lennon,…, laissant des millions d’orphelins. Grohl a fondé Foo Fighters, Courtney Love le groupe Hole, mais, malgré leurs succès respectifs, aucun n’arrivera à égaler Nirvana. « In Utero », sorti en 1993 possède son lot de bombes, et le dernier effort de Nirvana avant le décès de leur leader, un concert « Unplugged » à New-York est un monument d’émotion, mais « Nevermind » restera à jamais l’oriflamme de toute une génération, l’album qui a accompagné les rêves brisés d’une jeunesse.

 

ASTROMILK – « BAD SONGS FOR SAD PEOPLE » by Jerem
astromilk

Il y a de ces zikos qui sont tellement pétris de talent qu’un seul projet n’est pas suffisant pour laisser exploser toute leur créativité, et notre ami Steve en fait assurément parti. Il est de retour avec son projet solo Astromilk et nous livre son premier album « Bad songs for sad people ».

Sur ce disque, ne vous attendez pas au gros son et autres distos de feu Subcity stories ou de Gordini car Steve se met à nu et nous envoûte avec ses plus belles mélodies au son d’un indie folk majestueux et poignant qui pousse nos émotions dans ses derniers retranchements.

Dès les premières notes, nous sommes plongés dans son univers mélancolique où mélodies et sonorités rock folk s’entrechoquent à la manière d’un Radiohead au top de sa forme façon Ok computer. Les titres transpirent de douceur, d’émotion et sont empreints d’une fragilité touchante qui ne peut laisser indifférent. Le songwriting et les orchestrations sont tout simplement ahurissants, le moindre apport en instruments, effets ou chœurs, aussi discrets soient-ils, est travaillé méticuleusement, ce qui décuple l’intensité régnant sur le disque bien moins folk qu’il ne laisserait paraître. Même si la qualité est présente sur chacun des morceaux, il y deux pépites qui m’ont complètement fait chavirer, « Dreams and tiny sounds » et « The dead tree and the hill » sont de vrais chefs d’œuvre !

Après m’avoir séduit lors d’un concert seul avec sa gratte sous le bras, j’attendais beaucoup du travail de Steve sur disque et bien je peux vous dire que je ne suis pas déçu. D’autant plus, que la conception de cet opus fut relativement douloureuse, il ne faillit jamais voir le jour et ça aurait été bien dommage. « Bad songs for sad people » porte bien son nom, si vous avez un petit coup de blues, mettez vous ça entre les deux oreilles et tout ira mieux derrière et bien qu’il soit très mélancolique, c’est tellement beau que ça fait du bien au moral.

A la vente et en écoute ici : http://astromilk.bandcamp.com/

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